25 août 1971, il y a 48 ans : premier succès du PSG en L1

Jean-Claude Bras face à Nancy, lors du match retour à Saint-Ouen

Jean-Claude Bras face à Nancy, lors du match retour à Saint-Ouen

25 août, nouvel anniversaire dans l’histoire du PSG !

Il y 48 ans, Paris gagnait à Nancy (3-2) et remportait son premier succès en première division (la fiche du match, c’est ici). Depuis cette victoire, le PSG s’est imposé à 806 reprises dans l’élite du championnat, mais une première fois, cela ne s’oublie pas ! Retour sur une soirée en Lorraine qui restera dans l’histoire du club.

25 août 1971. Quinze jours après les grands débuts en première division, le bilan est inquiétant pour le PSG : une défaite à Angers (0-2) puis un match nul contre Bordeaux (0-0), et Paris est toujours à la recherche d’un premier succès, et d’un premier but en D1. C’est à Nancy que les Parisiens vont débloquer les compteurs, au terme d’un match spectaculaire, qui va malheureusement s’achever dans la violence et la confusion.

la joie de Prost après son but

la joie de Prost après son but

Paris débute remarquablement la rencontre, profitant des nombreuses erreurs défensives des défenseurs de Nancy : Michel Prost échoue seul face au gardien Joseph Magiera (9) puis Gérard Hallet frappe de peu à côté (12). Les Lorrains réagissent après vingt minutes de jeu mais c’est Paris qui ouvre le score dans des circonstances plutôt étonnantes : sur une contre-attaque du PSG, un choc avec le buteur parisien Michel Prost met K-.O le défenseur franco-espagnol de Nancy, José Lopez. L’arbitre ne siffle pas, Gérard Hallet récupère le ballon et centre vers Jean-Claude Bras qui marque de la tête (37). C’est le premier but du PSG en première division !

Quelques minutes plus tard, Bras – à la limite du hors-jeu – sert Prost, lui aussi peut-être hors-jeu, qui double la mise (43). Le public gronde et retrouve espoir sur un but de Vojin Lazarevic qui réduit le score (47). Paris souffre mais reprend le large lorsque Bras reprend victorieusement un coup-franc (67) puis Patrice Vicq récupère un ballon repoussé par Guy Delhumeau et relance le suspens (80). La fin de match est palpitante : Lazarevic marque pour les Lorrains… mais le but est refusé pour hors-jeu (87).

le président Henri Patrelle

le président Henri Patrelle

Première victoire du PSG en première division dans une ambiance houleuse : Lazarevic agresse Prost – qui jouera pourtant à Nancy deux ans plus tard – puis au coup de sifflet final, le public envahi la pelouse, provoquant le départ précipité des joueurs.

Pendant trente minutes, les Parisiens patientent dans les vestiaires puis quittent le stade allongés dans un camion de pompiers, sous les projectiles et les vitres brisées… L’arbitre est évacué par la police, le PSG a gagné, mais les joueurs ont du mal à cacher leur colère après ces événements. On dénombre dix blessés parmi le service d’ordre, et les supporters parisiens n’y sont pour rien !

Le président Patrelle est furieux après ces débordements inadmissibles : « C’est navrant ! 1.500 excités sur 13.000 spectateurs ont provoqué des incidents qui dépassent tout ce que j’avais pu voir jusqu’à présent ». Claude Cuny, président de Nancy,  réagit à son tour : « Nous n’avons pas de leçon à recevoir de Monsieur Patrelle ! Puisque celui-ci s’autorise à jouer les censeurs, je ne vous pas pourquoi je me priverai de l’imiter ! ». Patrelle répond sur le même ton dans la presse : « Je n’ai provoqué ni menacé personne ! »

Fin de la polémique…

le PSG version 1971-1972

le PSG version 1971-1972

Quelques jours plus tard, après visionnage des principales actions litigieuses, le doute n’est pourtant plus permis : l’arbitre avait raison en accordant un but aux Parisiens, puis en refusant aux Lorrains l’égalisation dans les dernières secondes du match.

Jean-Claude Bras, qui est donc le premier buteur du PSG parmi l’élite, était revenu sur cette folle soirée en 2012 : « Je ne me souvenais plus que j’étais le premier buteur du club en D1. Pour le match à Nancy, je me rappelle surtout de notre sortie précipitée dans un camion de pompiers, et de l’odeur du gaz lacrymogène. On avait gagné sur des actions litigieuses, je me souviens surtout de la tristesse du gardien de but de Nancy, Joseph Magiera, que j’avais connu à Valenciennes ».

Le plus incroyable dans cette histoire, c’est que les supporters de Nancy avaient été élus meilleur public de France huit jours plus tôt…