20 juin 1972, il y a 47 ans : le divorce PSG-PFC est consommé…

20 juin 1972 : scission actée entre le PSG et le PFC

20 juin 1972 : scission actée entre le PSG et le PFC

Le 20 juin 1972, , il y a 47 ans aujourd’hui, est une date qui a marqué l’histoire du PSG, avec la séparation officielle avec son cousin siamois, le PFC.

L’épilogue d’une guerre entre pro-Parisiens et pro-Sangermanois, et le début d’une nouvelle ère pour le PSG, qui va rapidement retrouver l’élite (en 1974) et devenir l’un des plus grands clubs français.

Pour le Paris FC, qui se rêve alors un avenir international, la descente aux enfers débutera aussi en 1974, avec une relégation en seconde division, avant de perdre le statut professionnel en 1983.

Comment et pourquoi une telle séparation entre les deux clubs ? Retour, par ordre chronologique, sur un divorce devenu inévitable…

1971, le Parc en construction

1971, le Parc en construction

En 1971, un an avant la scission, c’est un courrier qui va mettre le feu aux poudres et mettre à mal le tout jeune PSG.

Le 5 juillet 1971, la ville de Paris avait proposé une aide financière sous forme de subvention au nouveau club de la Capitale, mais en demandant une modification de nom et un retour à l’appellation « Paris Football-Club ». Malgré cette singulière exigence, la directionsu PSG envisagent sereinement la suite de la saison.

Le 21 septembre, les dirigeants du PSG vont connaître une incroyable désillusion : la ville de Paris accepte d’accorder une subvention annuelle de 850.000 francs (129.000 euros) pour trois ans mais exige le changement de nom. Deux représentants de la municipalité parisienne font leur entrée dans le conseil d’administration du club, pour essayer de trouver une solution à cette épineux problème…

Hôtel Méridien, le lieu où la mort du PSG avait été programmée

Hôtel Méridien, le lieu où la mort du PSG avait été programmée

Le 17 décembre 1971, la crise éclate officiellement entre Parisiens et Sangermanois. Guy Crescent, déçu par les différents problèmes internes, abandonne la présidence à Henri Patrelle. Le Conseil de Paris, malgré un appel à la raison des dirigeants du PSG, reste inflexible : pas de changement de nom, pas de subvention !

Le 15 février 1972, les joueurs parisiens visitent le Parc des Princes malgré les incertitudes sur l’avenir du club. Une semaine plus tard, à l’initiative de Monsieur Tibéri, le Maire de Saint-Germain Monsieur Chastang rencontre les élus de la capitale. Ces derniers proposent un délai de trois ans avant le changement de nom et le retour à la dénomination « Paris Football-Club ».

Le 6 mars, Monsieur Chastang refuse officiellement la proposition de Paris. La crise est ouverte entre les partisans du statu-quo et certains membres de l’Association PFC, qui souhaite à tout prix un grand club à Paris.

le PSG sauvé, à trois voix près...

le PSG sauvé, à trois voix près…

Le 12 avril, la ville de Paris confirme sa décision irrévocable : pas de changement de nom, pas de subvention ! Le Président Patrelle, par soucis d’apaisement, pourrait accepter la modification du nom dans un délai restant à déterminer (trois ou quatre ans).

Le 16 mai, les différents protagonistes du club se sont donnés rendez-vous à l’hôtel Méridien à Paris pour assister à l’assemblée générale ordinaire du club. Après plusieurs heures de discussions, chaque camp campe sur ses positions. Les associés sont alors consultés : « Acceptez vous la subvention pour 1971 et 1972 en provenance de la ville de Paris, avec les conditions qui l’assortissent ? » Un premier vote donne un léger avantage aux partisans du « Oui ». A cet instant précis, le PSG n’existe plus. Quelques minutes plus tard, ce premier résultat est annulé, le décompte des voix est inexact. Un nouveau vote donne le résultat suivant : 1191 inscrits, 939 votes exprimés. 623 associés acceptent les conditions de la ville de Paris, 316 restent fidèles à Saint-Germain. Pour modifier les statuts du club, une majorité des 2/3 est requise. Il manque donc trois voix et dans ces conditions, la proposition est rejetée. Les deux camps se quittent sur ce nouveau constat d’échec, la scission est désormais inévitable.

le procès verbal de la scission, signé le 20 juin 1972

le procès verbal de la scission, signé le 20 juin 1972

Les dirigeants fidèles au PSG, avec à leur tête Henri Patrelle, espèrent un repreneur privé, les établissements Leclerc sont intéressés mais les négociations échouent rapidement. Il faut se rendre à l’évidence : un grand nombre d’associés de la première heure va quitter le club et fusionner avec le C.A Montreuil, prêt à accepter les conditions de la ville de Paris.

Le 23 mai, la scission est officialisée après un conseil d’administration du club. Le PSG, abandonné par la ville de Paris, accepte un dédommagement financier mais abandonne le statut professionnel et se retrouve en troisième division.

la convention annexe du 20 juin 1972

la convention annexe du 20 juin 1972

Le 20 juin, par procès verbal, le PFC et le PSG se séparent après seulement deux années d’existence. Le PSG va toucher 400.000 francs sur deux saisons et abandonne sa section professionnelle.

Le Paris Football Club, qui s’était allié avec le Stade Sangermanois en 1970, reprend donc son autonomie et poursuit sa route en D1, avec les échecs que l’on connait…. Le PSG, de son côté, bénéficie d’une dérogation de la FFF et se retrouve avec le statut amateur en troisième division (National) avant l’arrivée de Daniel Hechter.

Mais c’est une autre histoire…