le fait du jour, 9 juillet 1979 : et Alves devint Parisien !

Alves en action contre Nantes

Alves en action contre Nantes

Le 9 juillet 1979, il y a 39 ans aujourd’hui, Joao Alves signait à Paris. Retour sur l’un des premiers gros transferts du PSG lors de cette période estivale de mercato.

Ce 9 juillet, Francis Borelli peut pourtant être satisfait : il vient d’engager le meneur de jeu portugais  de Benfica, Joao Alves, au nez et la barbe des dirigeants bordelais.

Tout a commencé quinze jours plus tôt, lors du tournoi de Paris. Le 14 juin 1979, Benfica écrase l’Etoile Rouge Belgrade en finale du tournoi (4-0) avec une performance éblouissante du petit meneur de jeu, célèbre pour ses gants noirs. Mais pour le PSG, engager un joueur d’un tel calibre est alors irréalisable : le club attend la signature d’une convention avec la mairie de Paris et une subvention conséquente après la relégation de l’autre club de la Capitale, le Paris FC.

la star portugaise signe à Paris

la star portugaise signe à Paris

Alves, pour sa part, n’est pas insensible à la France. Un an après son retour d’Espagne où il a obtenu le titre de meilleur joueur de la Liga, le joueur a réussi son pari à Benfica, qui ne l’avait pas conservé lors de sa jeunesse, le jugeant… trop petit !

Après son récital à Paris, les Girondins de Bordeaux ont fait d’Alves leur priorité absolue. Le directeur sportif Didier Couécou s’est rendu à plusieurs reprises à Lisbonne, pour persuader le joueur. Il reste quatre ans de contrat et le club lisboète réclame une somme de 3.200.000 francs, ce qui pour un joueur de ce talent n’est pas excessif. Dans un premier temps, Alves semble accepter les propositions bordelaises, mais il faut débloquer de l’argent ! Une souscription est lancée auprès de la colonie portugaise de Bordeaux, un rendez-vous est pris pour le 12 juillet avec le Maire de la Ville, Jacques Chaban-Delmas, puis deux jours plus tard le joueur doit venir signer son contrat en Gironde.

Le Portugais Alves en action face aux Monégasques

Le Portugais Alves en action face aux Monégasques

Le samedi 7 juillet, tout se précipite : Alves, de retour de vacances en Italie, fait un crochet par… Paris pour rencontrer le président Borelli. Quelques heures plus tôt, le président parisien a rencontré le représentant de la Mairie de Paris, Alain Juppé, avec lequel une convention est signée, assurant au PSG une subvention de 5 millions, dont la moitié doit servir à rembourser les dettes du Paris FC.

Ironie du sport, c’est bien Alain Juppé, actuel… Maire de Bordeaux, qui a permis au PSG de souffler Alves aux Girondins !

Francis Borelli propose alors à Joao Alves des conditions supérieures à celles que lui proposaient Bordeaux, mais il demande en échange une réponse rapide. en moins de deux heures, l’affaire est pratiquement conclue : Alves sera Parisien !

L’argent est viré sur le compte du Benfica le lundi matin est dans la foulée, Alves signe au PSG pour 3 saisons.

Alves, avec des béquilles, salue la star hollandaise Johan Cruyff

Alves, avec des béquilles, salue la star hollandaise Johan Cruyff

Mais le destin de la star portugaise va basculer un mois plus tard, le  10 août à Sochaux : un tacle maladroit par derrière du Sochalien Genghini est Alves s’effondre. Le verdict est terrible : fracture de la base du péroné avec rupture des ligaments de la cheville. 8 jours plus tôt, Alves avait enthousiasmé le Parc lors de la victoire contre l’OM (2-1), laissant bien des regrets aux supporters parisiens. Absent cinq mois, le meneur de jeu portugais sera de retour au début de l’année 1980 mais le coeur n’y est plus… Il finira par retourner au Benfica avec seulement 22 matches au compteur sous maillot Rouge et Bleu.

Il y a quelques années, le joueur portugais, désormais consultant sportif pour un journal et qui n’a pas réussi une grande carrière d’entraîneur (dernier échec au Servette Genève) était revenu sur son passage à Paris pour le quotidien « le Parisien » : « j’ai adoré jouer au PSG et vivre à Paris. Bien sûr, toute ma vie aura été marquée par ma blessure, mais c’était mon destin. J’ai une cicatrice au coeur. Dans la tête. Et à la jambe. Mais je ne veux pas rester sur cette image négative. Je préfère retenir tout ce que le PSG m’a apporté. Je m’en veux de ne pas avoir pu rendre au club ce qu’il m’a donné. Je vis toujours avec une plaque et dix broches dans la jambe, et je continue de percevoir tous les trimestres une pension de la Sécurité sociale française ».

On a enfin retrouvé le trou de la Sécu…

une petite vidéo sur l’arrivée d’Alves à Paris :