22 juin 1987 : Maximilian Heindereich, l’inconnu du PSG…

Maximilian Heidenreich, un entraîneur qui sait se faire respecter...

Maximilian Heidenreich, un entraîneur qui sait se faire respecter…

Connaissez vous Maximilian Heindereich ?

Le 22 juin 1987, il y a 32 ans aujourd’hui, cet illustre inconnu à Paris est pourtant le premier joueur allemand à avoir porté le maillot du PSG, devant plus de 50.000 spectateurs à San Siro. Maximilian Heindereich, qui vient de fêter ses 20 ans, porte le numéro 10 du PSG pour cette rencontre amicale face au Milan AC lors du Mundialito.

le titre de l'Equipe après le match PSG-Milan AC

le titre de l’Equipe après le match PSG-Milan AC

Heindereich a débarqué à Milan dans la matinée après un trajet en voiture, en provenance de Stuttgart, en compagnie de son impresario. Milieu de terrain offensif de taille moyenne (1,73 m), il va pourtant réussir une performance intéressante face au duo défensif milanais, composé du Hollandais Frank Rijkaard et de l’Anglais (et futur Parisien !) Ray Wilkins. Victor Sinet, le correspondant de l’Equipe le décrira ainsi : « un joueur qui s’assimilerait plus à un latin par ses cheveux bruns comme par son allure. Pendant 90 minutes, il a affiché un certain sens du jeu, par ses déplacements continus et ses bonnes passes dans l’axe ».

Sous le maillot d'Hanovre, alors au sommet de sa carrière

Sous le maillot d’Hanovre, alors au sommet de sa carrière

Le président Borelli cherche un troisième joueur étranger pour titiller sa star, Safet Susic. Le Yougoslave, décevant lors de la saison précédente, va être mis en concurrence avec deux joueurs étrangers. L’Argentin Gaby Calderon a déjà signé, et Heindereich pourrait être le troisième larron parisien. Mais Gérard Houllier, qui a tout de même fait remarquer à son président « qu’à seulement 20 ans, tous les ballons joués par Heindereich sont propres » rêve d’un joueur anglais pour renforcer son équipe.

Paris a laissé filer Glenn Hoddle, qui a préféré le soleil de Monaco et va finalement faire signer Ray Wilkins, pour l’un des plus grands échecs dans l’histoire des transferts au PSG (il partira après quelques mois aux Glasgow Rangers).

Heindereich ne signera finalement jamais à Paris, et poursuivra sa carrière en Allemagne. Formé à l’Arminia Hanovre, son transfert vers Hanovre 96 trois ans plus tôt avait fait la une de la presse germanique : considéré comme l’un des plus grandes espoirs allemands, il avait lui même refusé, à 17 ans, la proposition du club allemand, exigeant un logement pour lui et son clan familial composé de ses parents et de ses deux jeunes frères. Une revendication plutôt banale de nos jours mais qui avait provoqué le scandale outre-Rhin…

Heindereich à Fribourg, en 1993-1994

Heindereich à Fribourg, en 1993-1994

Stuttgart et le grand Bayern Munich essaient à leur tour d’attirer Heindereich, qui choisit finalement Hanovre. Il va rester 3 saisons, faire monter le club en Bundesliga, avant la relégation un an plus tard. En 1987, Hanovre est à nouveau promu et Heinderich au plus haut… Le président de Stuttgart déclare alors qu’il souhaite engager le meneur de jeu : « nous achetons des joueurs à l’étranger alors que nous avons des jeunes excellents en Allemagne. Et dans ce pays, nous n’avons pas meilleur qu’Heindereich, à ce poste de meneur de jeu ». Gunther Netzer, star du Real Madrid et de l’équipe d’Allemagne et ancien partenaire de l’oncle d’Heindereich, Gerhard Elfert au Borussia Mönchengladbach, ne tarit pas d’éloge : « c’est un dribbleur, un gars qui aime le jeu et le ballon. Il ne reste plus beaucoup de joueurs comme lui ».

Avec l'équipe suisse de Bâle, en 1990-1991

Avec l’équipe suisse de Bâle, en 1990-1991

Mais ses exigences – familiales et financières – lui ont déjà joué des tours. A 17 ans, le Bayern avait finalement abandonné les négociations pour un transfert expliquant « qu’un tel montant pour un joueur de cet âge était trop risqué, car c’était lui qui nourrissait déjà sa famille. Un trop grosse pression pour un si jeune garçon ».

Alors Heindereich, après l’intermède PSG, va poursuivre sa carrière à Munich 1860, Francfort, Hanovre – à nouveau – Bâle en Suisse, avant de connaitre la consécration à Fribourg, en terminant troisième de la Bundesliga en 1995, à trois petits points du champion d’Allemagne, Dortmund. Deux ans plus tard, il rejoint Wolfsburg puis met un terme à sa carrière en 1999, avec seulement trois petites sélections en équipe nationale espoirs…