16 mai 1972, il y a 52 ans : le PSG sauvé, à trois voix près…

il y a 45 ans, la scission PSG-PFC

il y a 46 ans, la scission PSG-PFC

16 mai 1972, une date charnière dans l’histoire du Paris Saint-Germain football club…

A l’hôtel Le Méridien à Paris, le sort et l’avenir du club dépendra d’un vote au résultat incertain et qui pourrait voir la disparition du club sous sa dénomination pour retrouver le nom de Paris Football-Club.

Retour sur une crise et une soirée qui restera à jamais graver dans les mémoires des plus anciens supporters du club.

Henri Patrelle, Jean Djorkaeff et Pierre-Etienne Guyot entourent Guy Crescent et sa canne, avant le début de la saison en 1970.

Henri Patrelle, Jean Djorkaeff et Pierre-Etienne Guyot entourent Guy Crescent et sa canne, avant le début de la saison en 1970.

LES RAISONS DE L’AFFRONTEMENT

Le PSG s’apprête à vivre une saison de transition en 1971-72 : les travaux du Parc des Princes ont pris du retard et s’achèveront au mois de mai 1972. La ville de Paris, qui avait conditionné une subvention annuelle à la montée en D1, fait son entrée au conseil d’administration du club. Le 5 juillet 1971, les élus de la capitale confirment par courrier une aide financière, mais soumettent une condition surprenante : la modification du nom du club et un retour à l’appellation d’origine, « Paris-Football-Club ». Deux mois plus tard, la ville de Paris accepte d’accorder une subvention annuelle de 850.000 francs pour les trois prochaines années mais le ton change : les élus de la capitale exigent ce changement de nom ! Le Conseil de Paris, ratifie de justesse cette subvention (46 voix pour, 44 contre). La crise éclate officiellement entre Parisiens et Sangermanois. Le président du club, Guy Crescent, déçu par les différents problèmes internes, abandonne la présidence à Henri Patrelle. L’affrontement entre les partisans d’un maintien du nom PSG et ceux qui militent pour le retour à l’appellation PFC est inévitable. Les deux municipalités, issues de deux familles politiques différentes, refusent alors tout compromis.

Hôtel Méridien, le lieu où la mort du PSG avait été programmée

Hôtel Méridien, le lieu où la mort du PSG avait été programmée

LA SOIREE DU MERIDIEN

Le 16 mai 1972, les différents protagonistes du club se sont donné rendez-vous à l’hôtel Méridien pour assister à l’Assemblée Générale Ordinaire du PSG qui, selon les statuts, est à même d’accepter la proposition de la ville de Paris. Après plusieurs heures de discussions, chaque camp campe sur ses positions. Les associés sont alors consultés et se prononcent sur la question suivante : « Acceptez vous la subvention pour 1971 et 1972 en provenance de la ville de Paris, avec les conditions qui l’assortissent ? » Un premier vote donne un léger avantage aux partisans du « oui ». A cet instant précis, le PSG n’existe plus… Quelques minutes plus tard, ce premier résultat est annulé, le décompte des voix est inexact. Un nouveau dépouillement donne le résultat suivant : 1191 inscrits, 939 votes exprimés. 623 associés acceptent les conditions de la ville de Paris, 316 restent fidèles au Paris Saint-Germain. Pour modifier les statuts du club, une majorité des 2/3 est requise. Il manque donc trois voix et dans ces conditions, la proposition est rejetée. Les deux camps se quittent sur ce nouveau constat d’échec.  

le procès verbal de la scission, signé le 20 juin 1972

le procès verbal de la scission, signé le 20 juin 1972

LA SCISSION

Le Paris Saint-Germain demeure, mais sans l’aide de la municipalité parisienne et l’obligation de rembourser le premier versement accordé par le Conseil de la Ville de Paris. Le déficit d’exploitation, pour la saison en cours, s’élève à une centaine de millions d’anciens francs. La subvention 1972 aurait permis d’équilibrer les comptes. Sans subvention, le PSG risque fort d’être acculé à la dissolution de sa section professionnelle Si la séparation est inévitable, mieux vaut la séparation que la dissolution. Le 25 mai, le conseil d’administration du Paris-S.-G adopte à une forte majorité (14 voix contre 5) les propositions soumises par son comité directeur : changement du sigle du club pour sa section professionnelle en Paris F.C et désignation d’une commission restreinte pour étudier les modalités d’une séparation définitive entre les deux clubs.

le président Henri Patrelle

le président Henri Patrelle

L’APRES 16 MAI

A compter du 1er juin 1972, une page est tournée, Paris F.C fusionne avec le CA Montreuil, qui deviendra sa pépinière en équipe amateurs. Le Paris Football Club dépose au Journal Officiel des nouveaux statuts le 15 juin 1972 sous la dénomination « Association Nouvelle Paris Football Club » puis cinq jours plus tard, 95% des associés acceptent cette fusion. A cette date, le Paris Football-Club, sous cette dénomination, n’est plus une association mais un club de football professionnel. Le Paris-S.-G, pour sa part, revient à Saint-Germain mais garde son titre, ses couleurs et ses 500 joueurs licenciés. Le club, qui reste dirigé par Henri Patrelle, va être contraint de rebâtir une équipe amateur puisque les meilleurs sont devenus pros. L’arrivée de Daniel Hechter, un an plus tard, permettra au PSG de retrouver le statut professionnel. Ironie du sort, le club accède à la première division en 1974, saison de la rétrogradation du PFC en D2. Jean Djorkaeff, capitaine du PSG :  » Cette mésentente entre Parisiens et Sangermanois nous a fait mal, et cela a joué forcément sur nos performances. On savait que la dénomination du club pourrait changer, on vivait tous à Saint-Germain-en-Laye et on ne souhaitait pas quitter la région. Avec le recul, ce fut une énorme erreur. Avec la fin de la construction du Parc des Princes, on aurait pu repartir différemment. On a quitté Saint-Germain et on n’a plus jamais trouvé des conditions idéales pour s’entraîner, on était baladé d’un stade à un autre ».