11 juin 1983, il y a 35 ans : le triomphe du PSG de Susic face à Nantes

Susic, homme du match face aux Canaris

Susic, homme du match face aux Canaris

11 juin 1983, il y a 35 ans : le PSG remporte sa seconde victoire consécutive en Coupe de France à l’issue d’une des plus belles finales de la compétition, face à Nantes. Un match inoubliable et un succès parisien grâce à un joueur exceptionnel, Safet Susic.

C’est la finale idéale au Parc des Princes : Nantes, champion de France indiscutable et plein de panache face au PSG, tenant du titre mais dans la peau d’un outsider.

le onze parisien

le onze parisien

Paris prend rapidement les devants, Bruno Zaremba ouvre le score d’une frappe lourde et tendue sur coup-franc (3e). Avantage de courte durée pour les Parisiens : Bruno Baronchelli, servi par William Ayache, trompe Baratelli d’une malicieuse pichenette (18e). Les Canaris sont maîtres du terrain et vont logiquement doubler la mise juste avant la pause. Et quel but ! José Touré effectue un superbe amorti aérien dos au but, élimine deux adversaires en jonglant et frappe du gauche après avoir pivoté. Implacable et génial, ce but digne du « Roi Pelé » laisse le public du Parc béat d’admiration (41e).

L'ouverture du score signé Zaremba

L’ouverture du score signé Zaremba

Au retour des vestiaires, les affaires parisiennes se gâtent après la sortie sur blessure à la cuisse du capitaine du PSG, Dominique Bathenay (50e). Mustapha Dahleb le remplace, Zaremba recule en défense centrale. Pendant un bon quart d’heure, la défense parisienne est désorganisée, les Nantais se régalent mais tour à tour Baronchelli (50e), Halilhodzic (55e) et Bossis (57e) ratent l’occasion de tuer le match, par excès d’individualisme ou par précipitation. Paris attend son heure… Et Safet Susic, le stratège du PSG, va se mettre au diapason de son alter-ego Nantais, José Touré. Le génial yougoslave s’empare de la balle à trente mètres des buts, élimine successivement Adonkor et Tusseau, puis expédie un bolide dans la lucarne des buts gardés par Bertand-Demanes (66e).

la joie de Toko face à Nantes en 1983

la joie de Toko face à Nantes en 1983

Le match a changé d’âme, quatre minutes plus tard Mustapha Dahleb s‘élance dans un incroyable slalom, élimine une demi-douzaine d’adversaires mais son tir est sauvé sur sa ligne de but par Bibard (71e). Le Parc retient son souffle et c’est un dernier caviar de Susic qui va sceller définitivement le sort de cette rencontre. Plein axe, sa passe millimétrée pour Toko est un régal et le grand buteur – par la taille et le talent – marque d’une frappe croisée (81e). La fin de rencontre est ternie par l’expulsion du regretté Seith Adonkor (89e). Au coup de sifflet final, les Parisiens crient leur joie et les Nantais ruminent leur échec, après avoir longtemps entrevus un dénouement différent.

le trophée soulevé par Baratelli

le trophée soulevé par Baratelli

Dominique Baratelli, qui a hérité du brassard après la sortie de Bathenay, reçoit le trophée, Francis Borelli embrasse la pelouse pour la seconde (et dernière…) fois.  Georges Peyroche, fêté comme un héros, précise : « Je pars pêcher dans la Dordogne, mais ce n’est pas un adieu, ce n’est qu’un au revoir ». Huit mois plus tard il sera de retour sur le banc parisien… Cette rencontre somptueuse et passionnante, dans la lignée des plus grandes finales, restera dans les mémoires de la Coupe de France. Après Lille (1946, 1947 et 1948) et Saint-Etienne (1974 et 1975), le PSG devient la troisième équipe à remporter la Coupe deux fois de suite depuis 1945.

le programme du match

le programme du match

Toko : « Francis Borelli nous avait motivé à sa manière, en baissant les primes car nous étions déjà européens… C’était quand même un super président. Nantes, sacré champion de France, était archi-favori mais on joue à onze contre onze ! On était une vrai équipe, les Nantais avaient plus d’individualités et un buteur qui voulait à tout prix mettre son but (nota : Vahid Halilhodzic). Je me souviens du but décisif, sur une passe de Safet Susic. Les Yougoslaves m’appréciaient, la saison précédente c’était Surjak qui m’avait donné une balle de but en finale. Avec Susic, on se comprenait, quand il a joué son premier match à Paris, c’est à moi qu’il a fait sa première passe. Sa devise, c’était : « le football, ça consiste à tromper l’adversaire ». Si un joueur était démarqué, si tout le stade attendait la passe, il faisait autre chose. Ce n’était pas le public qui décidait ! »

Peyroche, un triomphe avant une année sabbatique bien méritée...

Peyroche, un triomphe avant une année sabbatique bien méritée…

Bathenay : « J’ai apprécié le geste de Dominique Baratelli qui m’a demandé de l’accompagner pour aller chercher le trophée. C’était ma 5ème victoire dans cette compétition (nota: c’est le record national) et cela confirme la solidarité qui existait entre tous les joueurs du club. »

Dahleb : « C’est vraiment jouissif, quand on désire quelque chose ardemment et qu’on l’obtient…Mon action personnelle ? (nota : Dahleb dribble 5 joueurs et échoue de justesse) : il y a quelques années, on avait dit de moi que j’étais un dribleur. Je m’en suis souvenu… »

la fiche du match :

PSG-NANTES : 3-2 (1-2)

46.203 spectateurs  Arbitre : Mr Vautrot

Buts : Zaremba (3e), Susic (65e), Toko (82e) pour le PSG , Baronchelli (17e), Touré (40e) pour Nantes.

Avertissements : Pilorget (61e), Fernandez (61e) pour le PSG, Halilhodzic (61e), Adonkor (66e).

Expulsion : Adonkor (89e).

PSG : Baratelli – Lemoult, Pilorget, Bathenay (cap.) (Dahleb 50e), Col – Zaremba, Fernandez, Susic – Toko, Rocheteau, N’Gom  Entraîneur : Peyroche

NANTES : Bertrand-Demanes – Ayache, Rio, Bossis (cap.), Bibard (Picot 83e) – Adonkor, Tusseau (Muller 73e), Touré – Baronchelli, Halilhodzic, Amisse  Entraîneur : Suaudeau

le résumé du match en vidéo :